Vanier d’hier à aujourd’hui

Au temps des seigneuries

Vanier, aujourd’hui au carrefour des grandes voies de circulation a, depuis ses débuts, été au centre du développement urbain.

En fait, dès 1626 le territoire occupé par la ville de Vanier s’étendait du boulevard Pierre-Bertrand jusqu’au pont Lavigueur. Cette portion de terre, mieux connue à l’époque sous le nom de Seigneurie Notre-Dame-des-Anges, fut Ia toute première concession en Amérique du Nord. Son propriétaire, Louis Hébert, ne devait certes pas se douter que cette petite bourgade allait jouer un rôle important dans Ie développement des villes plus au nord et que sa colonisation provoquerait une véritable éclosion sur la rive nord de Ia rivière Saint-Charles.

Deux familles se partageront les terres sur lesquelles sera érigée la ville de Vanier trois siècles plus tard, les Hébert et les Couillard. De 1663 à 1680, elles appartiendront à Guillaume Couillard pour plus tard devenir Ia Seigneurie De Lespinay. Une note de Joseph Bouchette, arpenteur de I ‘Intendant en 1690, indique que la majorité des terres de la seigneurie est en bon état de culture et cette richesse du sol facilitera grandement Ia venue d’habitants des seigneuries voisines et principalement de Ia ville de Québec.

À la fin du 17e siècle alors que Ia paroisse de Charlesbourg vient à peine d’être fondée, plus de 146 personnes sont installées dans la Seigneurie De Lespinay. Plusieurs nouveaux propriétaires se succèderont sur les terres de Ia ville de Vanier, l’une des rares à ne pas avoir été envahie par les Britanniques lors de Ia conquête de 1759. Déjà à ce moment, Ie nom de Petite-Rivière figure dans les actes officiels pour désigner les terres aujourd’hui occupées par Duberger et Vanier.

En 1790, Ia population de Petite-Rivière est évaluée à 174 habitants. Cette période est souvent citée comme étant Ia plus importante pour le développement de la ville de Vanier car c’est à partir de ce moment qu’elle sera reliée à Québec par Ie pont Scott.

De Saint-Roch de Québec à ville de Vanier

Les résidents de Vanier se rappellent sûrement Québec-Ouest. Les plus jeunes ont sans doute retenu ce qu’en racontaient leurs parents et grands-parents. Toutefois, Québec-Ouest ne fut pas le premier nom donné à la municipalité. L’histoire de Vanier est en réalité marquée par différentes étapes, chacune identifiée par un nom qui confirmera toujours un peu plus le désir d’autonomie de ses citoyens.

C’est ainsi qu’après avoir porté Ie nom de Petite-Rivière pendant près d’un demi-siècle, Ia municipalité adopte celui de Saint-Roch de Québec vers 1800. À cette époque, Vanier est un quartier de Québec et son territoire comprend une portion assez grande des secteurs Notre-Dame-des-Anges, de même que de Duberger et Les Saules.

En 1862, les habitants de Ia rive nord de la rivière Saint-Charles dont Vanier faisait partie, se séparent des territoires plus au sud. Le secteur allait désormais porter le nom de Saint-Roch de Québec-Nord. Cette volonté d’indépendance ne s’arrêtera pas là puisqu’elle poussera les gens du nord à se séparer entre eux.

On retrouve alors à l’ouest, la municipalité de Saint-Malo dont Vanier fait partie et à I’est, la municipalité de Limoilou. À cette occasion, une première élection municipale a lieu en avril 1898 à Ia fabrique de vinaigre de M. Robitaille.

Au début des années 1900, pour la même raison que les fois précédentes, survint une nouvelle séparation. Ce sont, cette fois, les citoyens de la partie est de Notre-Dame-des-Anges qui souhaitent obtenir leur autonomie municipale. Vanier abandonne Ie nom de Saint-Malo et prend à nouveau celui de Petite-Rivière.

Ce n’est qu’en 1916, à Ia suite de la séparation du territoire ouest, que le nom de Québec-Ouest est entendu pour Ia première fois. La municipalité était maintenant libre d’orienter son avenir comme elle le souhaitait. Cinquante ans plus tard, Québec-Ouest devient finalement Vanier en l’honneur de Son Excellence Ie Général Georges-P. Vanier, gouverneur général du Canada.

Le 1er mars 1916 : une nouvelle municipalité voit le jour

Cette date mémorable nous rappelle les débuts de Ia vie municipale à Vanier. C’est à Ia suite d’une pétition présentée par trois hommes d’affaires, un notaire et un médecin qu’est érigée la ville de Québec-Ouest. Malgré les difficultés économiques de I’époque, ces cinq notables nourrissaient de grandes ambitions pour Ia nouvelle municipalité.

En réalité, Québec-Ouest possédait son propre Conseil municipal bien avant le mois d’août 1916, moment où se sont déroulées les premières élections. Ce Conseil et ceux qui suivront tiennent même leurs séances, non pas à Québec-Ouest, mais à Québec, sur la rue du Pont puis par la suite sur Ia Côte du Palais. Il faut cependant avouer que la population de Québec-Ouest est peu nombreuse et que la municipalité compte très peu d’endroits où peuvent siéger les membres du Conseil municipal.

Ce n’est qu’en 1924 que la Ville amorce son développement, en autorisant d’abord la canalisation des conduites d’eau et d’égout puis en procédant à Ia construction du pont Marie-de-l’Incarnation. La période 1924-1930 marque aussi I ‘arrivée de I ‘électricité dans les maisons de Québec-Ouest grâce au réseau de Ia Québec Power.

On profitera de ce vent de modernisme pour ériger le premier hôtel de ville et offrir Ie service de transport en commun aux citoyens.

L’ouverture du pont Marie-de-l’Incarnation permet à la municipalité d’accueillir de nouveaux arrivants. De 600 personnes qu’elle était en 1928, Ia population passe à 1457 en moins de deux ans. Cependant, même si la population augmente en nombre, son profil demeure assez peu enviable et Ia majorité de ceux et celles qui viennent s’installer sont sans emploi et durement éprouvés par Ia Crise de 1929.

La ville qui voit Ie nombre de jeunes familles augmenter sans cesse fait alors face à une pénurie de locaux pour loger les écoIes. C’est pour cette raison que la municipalité obtient, en 1937, un octroi du gouvernement pour la construction d’une deuxième école, une solution qui, malgré tous les efforts des autorités, s’avérera insuffisante face au manque chronique d’espaces pour les élèves.

Profitant au maximum de la Deuxième Grande Guerre, la Ville réussit à remplacer ses deux premières écoles par cinq nouvelles et Ie gouvernement y fait construire l’Hôpital des Immigrants qui fermera plus tard ses portes pour faire place à I ‘hôpital du Christ-Roi.

Durant ce temps, des industries et entreprises diverses viennent s’établir en grand nombre, notamment dans son parc industriel, le plus important de la région. Forte de cette activité industrielle, Ia Ville adapte ses services municipaux aux besoins de sa population et se dote de nouvelles infrastructures.

Source : Album souvenir du 75e anniversaire de Ville de Vanier, 1991